SÉRIE SNOW RED

ou En attendant la vie de château...

SNOW RED ou En attendant la vie de château…

La forme que prend mon installation répond à l’exposition « Au Rivau, il était une fois la vie de château », tout en tenant à distance une illustration littérale du thème.

Axée sur l’instant suspendu qui précède cette vie castrale dans les contes, particulièrement dans celui  de Blanche neige et les sept nains, ma proposition s’inscrit en décalage avec le récit convenu Wall Disneyen.

Ce qui m’intéresse dans ce conte s’attache à la transformation, à ses étapes cycliques qui ne cessent de déjouer la mort par des phases de résurrections, celle de l’enfance pré-pubère, puis celle de l’individualité durant lesquelles le temps et les états sont suspendus, en latence.

Par ses rites de passage initiatique, d’un état en un autre,  la vieillesse irrévocable pour la marâtre, la découverte d’un état d’affection pour les nains asexués, l’âge adulte pour la jeune fille, ce conte fait écho aux éléments qui fondent mon travail : transformation de la matière par le feu; présence-absence ; contraste entre matière brute et matière opalescente, retournement de stéréotypes.

Les formes données aux personnages et aux objets procèdent de ces transformations, ici métaphoriques et empreintes d’humour.

Ainsi en est-il :

-           Des nains, brutalement modelés dans une terre à grès rugueuse, figés dans leurs entités multiples et uniques. Personnages chthoniens, passeurs de l’ombre à la lumière, ils surgissent des mines diamantaires.

-           Du cercle sylvestre, enceinte menaçante et néanmoins protectrice de troncs et branches calcinés sur lesquels trônent les nains. Succédané de la forêt, lieu de terreur et de confusion.

-           De Blanche Neige, justement absente de l’installation, mais qui  hante néanmoins un reliquaire de verre dans lequel repose une pomme de porcelaine. Fruit défendu du péché originel dans la Genèse, elle est ici  pomme d’amour, friandise de fête foraine, mais aussi symbole du désir.

Mise en suspension léthargique dans l’attente d’une délivrance qui précède la vie au château, l’héroïne est néanmoins prête à bondir sur des sabots de biche d’une féminité qui se profile.

© 2016 - Nadia Sabourin - Tous droits réservés